Melle Marguerite HUGEL suit sa formation musicale à Strasbourg. Elle étudie le piano avec Mme Léonie Clauss-Werlé puis avec Fritz Blumer, et s’intéresse à la méthode de Marie Jaël à laquelle elle se réfèrera toute sa vie. L’harmonie, le contrepoint, l’écriture lui sont enseignés par Marie Joseph Erb, Lucien Chevaillier et la composition par Hanz Pfitzner de 1916 à 1918, époque à laquelle il est directeur du conservatoire de Strasbourg. En 1922 elle poursuit avec lui cette formation dans le cadre de la Masterclass de l’Académie des Arts de Berlin, enseignement délocalisé à Schondorf.
A Strasbourg, elle entretient des liens étroits, amicaux avec la famille des Munch dont Charles, futur chef d’orchestre, et Fritz, chef de chœur et d’orchestre, futur directeur du Conservatoire de Strasbourg. M. Hugel pratique la musique de chambre avec eux. Plus largement, elle participe à l’activité musicale de la ville en tant que pianiste ; elle prépare aussi des chanteurs pour leurs rôles d’opéras et les accompagne lors de récitals.
Les enseignements de Chevaillier et de Pfitzner et sa double culture lui permettent de travailler deux esthétiques ; française et allemande. Les mélodies se placent notamment dans les courants impressionnistes ; les Lieder révèlent une pensée musicale germanique parfois wagnérienne. Sa Sonate pour violoncelle et piano manifeste la connaissance des écritures schumannienne et brahmsienne.
C’est dans l’entre-deux-guerres qu’elle semble être la plus jouée ainsi que la plus active dans les milieux musicaux. Les critiques de l’époque lui promettent une belle carrière.
Mais l’Alsace est annexée au territoire allemand en 1940 et libérée en 1945. Durant cette période, les conditions de production artistique sont particulières et après le conflit, les données et les repères changent. En sus d’être une femme, le fait d’avoir étudié avec un compositeur allemand nuit à la carrière de Marguerite Hugel. Ses compositions futures seront surtout dédiées à sa famille, elle compose pour ses petits-neveux des contes illustrés (L’histoire de Nounours, L’album de Catherine…), et sa dernière oeuvre écrite à 81 ans est une mélodie sur un poème d’une autre petite-nièce, Le monde blessé.
Marguerite Hugel joue et enseigne le piano jusqu’à la fin de sa vie en cours particuliers. Elle décède à Strasbourg en 1987, presque dans l’anonymat. Elle laisse à sa petite-nièce en héritage tout le fonds musical encore présent dans sa maison lors de son décès:
- près de 70 mélodies et Lieder pour une voix et piano dont certains dans une version avec orchestre
- une Sonate pour violoncelle et piano
- des œuvres pour violon et piano dont une Sonate et un Thème et variations
- quatre quatuors à cordes
- des contes musicaux dédiés à ses petites-nièces et petits-neveux
- des œuvres pour orchestre : Capriccio, Sérénade, Scherzo et canon, Fugato, Romance très dissonante…
Dans les années 1980, Marguerite Hugel a déposé des manuscrits à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat (67) dans le département « Compositeurs alsaciens » créé par le musicien et musicologue Gabriel Andrès, dont un Requiem pour solistes, chœur mixte et orchestre.
Le reste de ses manuscrits est conservé chez sa petite-nièce Catherine Zimmer.
Plusieurs de ses oeuvres sont en cours d’édition sur le site de « partition-pour. Art »